Intégrité et conflits d’intérêts…
Dans une récente décision, le Conseil de presse du Québec a blâmé le fait qu’un journaliste spécialisé
dans les technologies ne déclare pas toujours le fait
qu’il a bénéficié d’une forme de
subvention (frais de voyages, cadeaux et gratuités, etc.) de la
part des compagnies qui veulent faire parler d’elles ou de leurs
produits :
« Après
analyse, le Conseil conclut que le mis-en-cause ne s’est pas
caché des avantages dont il profite. Le Conseil constate
cependant que M. Dumais n’a que ponctuellement fait
référence au fait qu’il bénéficie de
certains avantages de la part de compagnies informatiques, ne
s’acquittant pas ainsi de son devoir d’en informer
explicitement le lecteur. Tout en constatant que cette pratique soit
peu généralisée, le Conseil est d’avis que
les médias doivent toujours mentionner explicitement les
avantages dont ils profitent. Le grief est retenu ».
Pour
plusieurs, il s’agit là de situations de conflits
d’intérêts contraires à la déontologie
du journalisme.
La question des conflits
d’intérêts est récurrente en journalisme.
Elle est liée à l’intégrité
professionnelle. Elle pose la question du détournement de la
mission démocratique du journalisme, consacrée à
l’intérêt public, pour en faire une activité
de promotion d’intérêts particuliers.
Comment
définir le conflit d’intérêts typique, quel
est l’élément central de tout conflit
d’intérêts, que celui-ci soit manifeste ou apparent
? On peut dire qu’il s’agit d’une situation où
la diffusion impartiale d’informations défavoriserait ou
risquerait de défavoriser les intérêts personnels
du journaliste en cause, que ceux-ci soient monétaires ou
matériels, ou non monétaires (idéologie, parents,
amis). Le journaliste doit alors choisir quels intérêts
privilégier, entre ceux du public qu’il est censé
servir, ou ses propres intérêts (ou ceux de son entourage).
La
question de l’intégrité n’est pas banale.
Tous les professionnels prétendent servir le public en
respectant les règles de l’art,
mais les médias nous révèlent quotidiennement des
cas où cet engagement n'est pas respecté, où des
individus abusent de leur situation pour en tirer des avantages
illégitimes, voire illégaux.
Une
enquête réalisée au Québec en 2002
révélait pour sa part que les gens sont plus nombreux
à penser que les journalistes sont au service de leur entreprise
de presse qu’au service du public (38 % vs 27 %) et près
de 30 % étaient d’avis que les journalistes travaillent
avant tout pour leurs propres intérêts. De plus, 66 %
des répondants étaient d’avis que les annonceurs
influencent le travail de la presse québécoise.
Les normes en jeu :
Le Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec affirme que :
«Les
journalistes doivent éviter les situations de conflit
d’intérêts et d’apparence de conflits
d’intérêts, que ceux-ci soient de type
monétaire ou non. Ils doivent éviter tout comportement,
engagement ou fonction qui pourraient les détourner de leur
devoir d’indépendance, ou semer le doute dans le public.
(…)
«Les
conflits d’intérêts ne deviennent pas acceptables
parce que les journalistes sont convaincus, au fond
d’eux-mêmes, d’être honnêtes et
impartiaux. L’apparence de conflit d’intérêts
est aussi dommageable que le conflit réel» (1996, 20-21).
Le Conseil de presse du Québec va dans le même sens :
« Les
entreprises de presse et les journalistes doivent éviter les
conflits d'intérêts. Ils doivent, au surplus,
éviter toute situation qui risque de les faire paraître en
conflit d'intérêts, ou donner l’impression
qu’ils ont partie liée avec des intérêts
particuliers ou quelque pouvoir politique, financier ou autre. Il
importe de garder à l’esprit que les gouvernements, les
entreprises, les groupes de pression, divers organismes et autres
instances cherchent par différents moyens à orienter et
à influencer l’information en fonction de leurs propres
intérêts.
Tout laxisme à cet
égard met en péril la crédibilité des
organes de presse et des journalistes, tout autant que
l’information qu’ils transmettent au public. Il est
impérieux de préserver la confiance du public quant
à l’indépendance et à
l’intégrité de l’information qui lui est
livrée et envers les médias et les professionnels de
l’information qui la collectent, la traitent et la diffusent.
Il
est essentiel que les principes éthiques en la matière,
et que les règles de conduite professionnelle qui en
découlent, soient respectés rigoureusement par les
entreprises de presse et les journalistes dans l’exercice de
leurs fonctions. Même si l’information transmise respecte
les critères d’intégrité et
d’impartialité, il importe de souligner que
l’apparence de conflit d’intérêts
s’avère aussi préjudiciable que les conflits
d’intérêts réels ».
Le Guide des responsabilités de La Presse et Cyberpresse.ca prescrit pour sa part à ses journalistes :
«
• d’éviter tout conflit d’intérêts
réel ou potentiel ou même l’apparence de conflit
d’intérêts de façon à préserver
en tout temps la confiance du public
• de préserver leur indépendance professionnelle ».
Ce même Guide ajoute que :
« Dans
l’exercice de leur devoir de réserve, tout journaliste ne
doit ni ne peut solliciter ou accepter un ou des cadeaux, marchandises
ou biens (…). Il peut par contre en faire temporairement usage
afin d’illustrer ou de publier un reportage qu’il signe.
Tout
cadeau doit être retourné à son expéditeur
dans un délai raisonnable : à défaut, il est
immédiatement remis à l’encan de La
Presse.Toutefois, tout journaliste affecté à la
couverture musicale et aux livres peut déroger à cette
règle et conserver les enregistrements sonores ou les livres
qu’il reoit pour des références futures, avec la
prohibition de les revendre ».
Au-delà des normes, les critères de dérogation
Si
les règles déontologiques reconnues sont le plus souvent
bien adaptées aux circonstances du travail quotidien, il
survient parfois des situations exceptionnelles où la
règle déontologie peut s’avérer trop rigide,
au point d’empêcher le journaliste de fournir au public une
information d’intérêt public. La confrontation du
réel avec des règles mal adaptées peut
créer une situation propice au dilemme moral où le
journaliste ne sait trop comment se comporter.
La recherche en éthique du journalisme
a permis de dégager des critères qui guideront la
réflexion éthique des journalistes afin de les aider
à décider si le cas auquel ils sont confrontés
justifie de déroger à la règle
déontologique.
Les voyages gratuits
La
question des voyages gratuits est souvent source de débats
enflammés. Elle est malheureusement souvent réduite
à se demander si l’indépendance et le jugement
professionnels du journaliste seront compromis par le fait qu’il
a voyagé aux frais de ses sources d’information ou de ceux
qui pourraient tirer profit des comptes-rendus qui en
résulteront.
Il semble que les arguments en faveur et
contre les voyages ne doivent pas seulement s’appuyer sur des
principes ou sur des impressions, mais aussi tenir compte des
intentions réelles de ceux qui offrent ces voyages ainsi que des
résultats escomptés et obtenus par cette
stratégie, notamment l’objectif de se servir de la
crédibilité ou la notoriété d’un
journaliste et de son entreprise de presse pour favoriser une marque,
une institution, un produit, etc.
En départageant les
arguments généralement mis de l’avant pour et
contre les voyages gratuits, on arrive aux résultats suivants:
• Favorables
- Cela n’engage pas la conscience du journaliste.
- Les entreprises de presse n’ont pas toujours les moyens de payer de tels voyages.
-
Refuser un voyage revient à priver le public d’une
information pouvant être pertinente, l’important
étant d’aviser les lecteurs que le voyage a
été payé par l’organisme qui
bénéficie du reportage.
- Refuser un voyage prive les journalistes de voyager et de sortir de leur routine.
• Défavorables
-
Accepter les voyages revient à accorder plus d’espace
rédactionnel aux organismes riches, au détriment des
moins fortunés.
- La valeur de
l’information risque de ne plus être évaluée
en elle-même, mais en fonction de la « subvention »
qui l’accompagne.
- Il existe d’autres moyens d’obtenir de l’information.
-
Cela mine la crédibilité des journalistes car il existe
une apparence de conflit d’intérêts qui est
contraire à leur devoir d’impartialité et de
neutralité.
- Lorsqu’il s’agit
d’organismes subventionnés par les fonds publics, les
lecteurs doivent payer leur information de deux façons: par
leurs taxes et impôts et au moment de l’achat du journal.
Quant au public qui ne lit pas ce journal, il a tout de même
subventionné ce dernier. Les auditeurs et les
téléspectateurs se trouvent dans une situation semblable.
Différents auteurs ont repris l’heureuse expression anglaise « information subsidies
» pour parler des « subventions informationnelles
» que les organismes versent aux médias afin de
s’assurer un meilleur accès à la scène
publique. Les sources d’information savent qu’elles
n’ont pas un accès automatique à la place publique,
à cause de l’interférence des journalistes qui
sélectionnent ce qui sera transformé ou non en nouvelle.
C’est du reste dans le but d’améliorer leurs chances
d’influencer le processus de construction de
l’actualité et de pouvoir plus facilement accéder
à cet espace public tant convoité qu’elles adaptent
différentes stratégies, dont celle consistant à
subventionner les médias, par l'offre de voyages notamment.
Par
ailleurs, il peut exister de bonnes raisons d’accepter des
voyages gratuits, mais comment les identifier ou les distinguer des
autres motivations moins nobles ou avouables ? Les journalistes se
retrouvent parfois devant un dilemme moral en cette matière.
Ils
doivent faire un choix et celui-ci a plus de chances d’être
adéquat s’ils prennent en compte certains critères
de réflexion éthique avant d’accepter des voyages
gratuits de la part de leurs sources, alors que la déontologie
s’y oppose :
- Les sujets qui seront
abordés grâce à ce voyage ont-ils
déjà fait l’objet de publications ou de diffusions
de la part de mon entreprise? Si le voyage n’est pas payé,
ces sujets seront-ils portés à l’attention du
public?
Ce critère permet de savoir si le
média considère réellement ces sujets comme
étant d’intérêt public. Si oui, il aurait
dû les traiter ou pourrait le faire indépendamment du
voyage gratuit qu’on lui offre de façon
intéressée.
• Les informations en jeu ont-elles une valeur journalistique majeure ?
• Existe-t-il d’autres façons d’obtenir ces informations ?
On
peut trouver de la documentation sur à peu près tous les
sujets, et cela est encore plus vrai depuis l’avènement
d’Internet et l’utilisation massive du courriel ou de
technologies (Skype par exemple) qui permettent de faire des entrevues
intéressantes à distance, d’entrer en possession de
documents publiés dans des contrées
éloignées, de recevoir des fichiers multimédias.
Bien souvent, les moyens qu’offrent la technologie et la
débrouillardise du journaliste permettent de recueillir des
informations qui seront par la suite diffusées au grand public.
• Accepter ce voyage lésera-t-il des gens, directement ou indirectement ?
Par
exemple, ce voyage peut être l’occasion d’exposer les
thèses favorables à l’organisme payeur, alors que
celles de sources opposées, mais moins nanties, ne pourront pas
être également mises en valeur.
• Ce voyage jette-t-il un doute sur mon intégrité et sur mon impartialité ?
Les
groupes et les individus désavantagés pourraient faire
valoir le fait que le journaliste a eu droit à un voyage
gratuit, dans le but de discréditer ses comptes rendus. Le
journaliste peut aussi se demander s’il lui est arrivé de
douter de l’impartialité de collègues ayant eu
droit à des voyages gratuits, question de se sensibiliser au
pouvoir suggestif des apparences.
• Puis-je justifier ce voyage auprès de mon public ?
En
somme, quelles sont les « bonnes raisons » en jeu ? Il
s’agit de passer avec succès le test de la
publicité qui consiste à défendre ses
décisions plutôt que de les occulter.
• Quelles
sont les intentions avouées ou présumées du
bailleur de fonds ? Sont-elles compatibles avec
l’intérêt public ou servent-elles plutôt les
intérêts de l’organisme payeur ?
Il
pourrait arriver que des organismes proposent des voyages gratuits de
façon désintéressée, mais cela est
tellement rare qu’il vaut la peine d’examiner cette
question, ne serait-ce que pour découvrir que ce n’est pas
le cas. À ce chapitre, les journalistes auraient
intérêt à mieux connaître les écrits
professionnels et scientifiques des spécialistes des relations
publiques qui préconisent cette façon de faire afin
d’obtenir à peu de frais une couverture journalistique que
ne pourrait leur rapporter une campagne publicitaire traditionnelle.
• Vais-je pouvoir demeurer maître de mon agenda pendant ce voyage ?
Cela
comprend la liberté pour le journaliste de rencontrer qui il
veut, de poser les questions qu’il souhaite et de ne pas
être soumis à un horaire surchargé qui limiterait
son autonomie professionnelle. Un horaire trop contraignant ne lui
laisse que le temps de traiter superficiellement ou avec complaisance
du sujet ou de l’événement privilégié
par le bailleur de fond.
• Mon employeur assume-t-il habituellement les dépenses de voyage dans les autres secteurs d’information?
Dans
bien des médias, les frais de voyage des journalistes qui
couvrent les activités des équipes de sport professionnel
sont payés par l’employeur qui juge cette couverture assez
importante et rentable pour l’entreprise. Mais dans
d’autres secteurs d’information, parfois plus importants eu
égard à l’intérêt public (politique,
environnement, économie, spectacles, technologies, etc.),
l’employeur attend les offres de voyages gratuits pour «
assumer » ses responsabilités envers son public. Du reste,
dans bien des cas, c’est aux frais des contribuables que voyages
les journalistes à l’emploi de conglomérats
milliardaires.
• Est-il
possible de se rendre à l’endroit projeté en
recourant à d’autres moyens que ceux offerts gratuitement
par l’organisme ?
Cela est souvent
possible, mais parfois non. Par exemple, survoler une zone
d’incendie de forêt ou un secteur de manœuvres
militaires est impossible à moins d’être
accompagné d’une personne ayant une autorité
légitime. Mais les journalistes peuvent très bien
utiliser leurs propres moyens pour se rendre dans un autre pays ou dans
d’autres villes afin d’y faire leur travail, sauf,
peut-être, lors de conflits armés majeurs. Il y a donc ici
une ouverture ou un critère permettant de déroger
à la règle déontologique dominante.
• Le
public qui prendra connaissance des reportages résultant de ce
voyage sera-t-il avisé clairement qu’ils ont
été rendus possibles grâce à un voyage
payé par la personne, la compagnie, l’organisme ou le pays
concerné ?
Dans un système
de presse libre, une entreprise a toujours la liberté de refuser
un voyage gratuit. Mais quand elle en accepte un, cela doit être
clairement déclaré au public. En effet, le jugement du
journaliste a pu être influencé par le voyage gratuit et
invite le public à faire preuve d’une attitude plus
critique ou réservée à l’endroit du compte
rendu. C’est vraisemblablement à cause de cela que bien
des entreprises de presse préfèrent cacher le fait que
les frais du reportage ont été assumés par ceux
qui en tirent profit ou que d’autres se contentent timidement de
déclarer que leur journaliste a été «
invité » par un groupe, une entreprise ou un gouvernement,
ce qui peut faussement laisser croire qu’il a tout de même
assumé les frais de ses déplacements et est à
l’abri de toute influence.
Les cadeaux et gratuités
Les
journalistes reçoivent souvent des cadeaux et autres
gratuités de la part de sources d’information qui veulent
faire parler d’elles et de leurs produits. Cela peut aussi
soulever la question de l’intégrité professionnelle.
Mais
toute gratification est-elle nécessairement une menace à
l’intégrité journalistique ? Il ne fait pas
de doute que certaines le sont carrément, par exemple les
cadeaux dispendieux comme les œuvres d’art, les
encyclopédies, les bijoux, etc.
D’autres sont
nettement moins compromettants, par exemple les « outils »
de travail qui servent effectivement à accomplir une
tâche, s’ils ne visent pas à récompenser le
journaliste pour le travail fait ou à faire. Il est par
contre difficile de convaincre hors de tout doute que quelques pointes
de sandwichs et morceaux de desserts avalés en vitesse sur les
lieux d’une conférence de presse sont au nombre des
gratifications compromettantes. On pourrait même soutenir que
cela aide souvent le journaliste à retourner rapidement à
la salle de rédaction pour y travailler.
Mais les
longs repas arrosés de vin, eux, sont plus coûteux et ne
visent certainement pas à faciliter le travail du journaliste;
ils ont d’autres visées à propos desquelles il ne
faut pas être naïf. On approche ainsi d’un premier
critère, celui de l’utilité de cette gratification
afin de faciliter le travail du journaliste. Être reçus en
groupe à l’hôtel de ville et manger dans un grand
restaurant en tête à tête avec un responsable de la
ville qui règle la facture sont deux situations
différentes…
Voici du reste quelques critères spécifiques pouvant alimenter la réflexion au sujet des gratifications.
• La
gratification facilite-t-elle l’accomplissement de mon travail de
journaliste sans compromettre mon impartialité?
Par
exemple, un livre reçu de l’éditeur peut aider un
journaliste à mieux connaître un sujet précis et
à le traiter avec plus de compétence. Mais une
œuvre d’art de valeur donnée à un journaliste
ne peut certainement être du même secours, elle
relève d’une autre catégorie plus proche du pot de
vin.
• Suis-je
en mesure de révéler publiquement et sans embarras le
fait d’avoir accepté cette gratification? Cela peut-il
raisonnablement créer l’impression que j’ai
favorisé certaines personnes ou organismes?
• La valeur de la gratification est-elle importante?
•
Suis-je certain des attentes de celui qui m’offre cette
gratification et sont-elles compatibles avec mes devoirs professionnels?
• Retourner la gratification au donateur coûtera-t-il plus cher que la gratification elle-même?
On
peut penser que les médias d’information n’ont pas
à débourser pour retourner les cadeaux
indésirés. Mais ils pourraient cependant en faire
profiter la communauté par l’intermédiaire
d’organismes bénévoles qui les redistribueraient ou
toucheraient des fonds en les revendant.
• La gratification est-elle l’élément déclencheur du compte rendu, du reportage, du commentaire, etc. ?
Si
tel est le cas, non seulement ce dont soulève des questions
relatives à l’intégrité journalistique mais
il pose aussi la question de l’équité envers les
différents acteurs sociaux car tous n’ont pas les moyens
matériels qui leur permettent de faire parleur d’eux.
Conclusion
En
cette ère de suspicion généralisée, on ne
saurait négliger l’importance de
l’intégrité professionnelle des journalistes. Cette
intégrité est un des éléments qui fondent
leur crédibilité ainsi que leur légitimité.
L’intégrité
journalistique est d’autant plus importante que les journalistes
sont les principaux dénonciateurs du manque
d’intégrité, apparent ou réel, de ceux et
celles qui dirigent les institutions publiques et privées dans
nos sociétés.
Cette fonction de surveillance
sociale qui est reconnue au journalisme démocratique serait
grandement affaiblie si les transgressions au principe
d’intégrité en venaient à miner la
crédibilité et la légitimité sociale du
journalisme.